
Le marché automobile français traverse une période de bouleversements sans précédent en 2024. Alors que les ventes globales connaissent des évolutions contrastées selon les segments, certaines marques tirent leur épingle du jeu en gagnant des parts de marché significatives. L’électrification accélérée, l’émergence des constructeurs chinois et la réorganisation des stratégies commerciales redéfinissent complètement la hiérarchie traditionnelle. Cette redistribution des cartes offre des opportunités inédites aux marques les plus agiles, capables de s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs français.
Analyse des données de parts de marché automobile 2024 : méthodologies et sources statistiques
Données CCFA et immatriculations mensuelles par constructeur
Le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA) constitue la source de référence pour analyser l’évolution des parts de marché automobile en France. Les données mensuelles d’immatriculations permettent de suivre avec précision les performances de chaque constructeur. Entre janvier et octobre 2024, le marché français a enregistré 1,63 million d’immatriculations de voitures particulières, marquant une nouvelle contraction par rapport aux années précédentes.
Cette méthode de calcul des parts de marché se base exclusivement sur les immatriculations définitives, excluant les véhicules de démonstration et les immatriculations temporaires. Les statistiques révèlent que Renault maintient sa position de leader avec 17,5 % de parts de marché, suivi de près par Peugeot avec 13,5 %. Cette stabilité apparente masque cependant des mouvements significatifs dans les segments électriques et hybrides.
Indicateurs clés de performance : volume, valeur et pénétration géographique
L’analyse des performances ne peut se limiter aux seuls volumes d’immatriculations. La valeur moyenne des véhicules vendus constitue un indicateur essentiel pour évaluer la santé financière des constructeurs. Les marques premium comme BMW et Mercedes-Benz compensent leurs volumes plus faibles par une valeur unitaire élevée, atteignant respectivement 3,7 % et 2,8 % de parts de marché en valeur.
La pénétration géographique révèle des disparités importantes entre les constructeurs. Stellantis domine dans certaines régions françaises grâce à son réseau historique, particulièrement en Île-de-France et dans le Sud-Est. Les constructeurs asiatiques concentrent leurs efforts sur les grandes métropoles, où la sensibilité à l’innovation technologique est plus marquée.
Segmentation par catégories de véhicules et motorisations
La segmentation par motorisations révèle les véritables gagnants du marché 2024. Les véhicules électriques représentent désormais 16,8 % des immatriculations, avec une progression de 14,8 % sur l’année. Cette croissance profite principalement aux constructeurs spécialisés comme Tesla, mais aussi aux marques généralistes ayant investi massivement dans l’électrification.
Les mild-hybrides dominent avec 23,2 % de parts de marché, témoignant de la transition progressive vers l’électrification. Cette technologie constitue le pont idéal entre les motorisations thermiques traditionnelles et l’électrique pur. Les hybrides rechargeables (PHEV) connaissent en revanche un reflux avec seulement 7,2 % de pénétration, pénalisés par la complexité de leur usage et les évolutions réglementaires.
Comparaison
Comparaison avec les données européennes ACEA
Pour bien mesurer quelles marques automobiles progressent le plus en parts de marché, il est indispensable de comparer les chiffres français avec ceux publiés par l’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles). Au niveau européen, le marché reste en léger retrait par rapport à 2019, avec environ 3 millions d’immatriculations en moins dans la zone EU30. Dans ce contexte tendu, les constructeurs qui gagnent des parts en France ne sont pas toujours ceux qui progressent le plus au niveau continental.
Les données ACEA montrent par exemple que Stellantis conserve une solide deuxième place en Europe élargie avec 2,42 millions de véhicules immatriculés en 2025 et une part très forte dans les utilitaires. À l’inverse, certaines marques qui montent en France, comme MG ou BYD, représentent encore un volume modeste à l’échelle européenne, mais affichent des taux de croissance spectaculaires. On observe ainsi un décalage entre un socle historique dominé par les groupes européens et une vague émergente de constructeurs asiatiques, plus visible dans certains pays clés comme la France, la Norvège ou les Pays-Bas.
En croisant CCFA et ACEA, on distingue trois profils de constructeurs : ceux qui gagnent partout (Renault, Dacia, certaines marques du groupe Hyundai-Kia), ceux qui résistent en Europe mais s’érodent en France (Ford, Opel, Fiat), et enfin les nouveaux entrants qui pèsent peu en volume mais affichent les plus fortes progressions relatives (Tesla, BYD, MG, Cupra). Pour vous, lecteur, l’intérêt est clair : une marque en forte progression en parts de marché en France mais encore minoritaire en Europe peut offrir de bonnes opportunités en termes de rapport prix/équipement, mais aussi un risque plus élevé sur la valeur de revente à moyen terme.
Tesla et les constructeurs électriques : conquête accélérée du marché français
Performance tesla model Y et model 3 face aux concurrents traditionnels
Sur le marché français, Tesla a connu une ascension fulgurante avant de marquer une forme de plateau en 2025. La marque passe de 2,4 % à 1,6 % de parts de marché, ce qui peut sembler paradoxal alors que la transition électrique s’accélère. En réalité, Tesla reste très bien positionné en volume sur le segment des véhicules électriques, mais voit sa domination contestée par une offre concurrente plus large, plus abordable et mieux adaptée à certains usages quotidiens.
Le Model Y demeure l’un des SUV électriques les plus immatriculés, face à des rivaux comme la Peugeot e-2008, la Renault Mégane E-Tech ou le Volkswagen ID.4. Quant au Model 3, il reste une référence sur le segment des berlines, même si l’érosion de certains avantages fiscaux et le vieillissement relatif de la gamme commencent à peser. Les remises agressives pratiquées par certains constructeurs généralistes et la guerre des prix venue de Chine viennent rogner l’avance historique de Tesla. C’est un peu comme dans une course de fond : le pionnier est parti très vite, mais le peloton revient avec de nouvelles chaussures plus légères et une meilleure stratégie de gestion d’effort.
Dans ce contexte, la progression de Tesla ne se joue plus seulement sur les volumes, mais sur la valeur et la fidélisation. La marque mise sur son écosystème logiciel, les mises à jour à distance et son réseau de Superchargeurs pour garder un temps d’avance. Pour vous, automobiliste, cela se traduit par un choix plus large : acheter une Tesla ne signifie plus seulement « acheter l’électrique par défaut », mais comparer réellement sa proposition face à des alternatives souvent moins chères à l’achat.
BYD, polestar et MG : stratégies d’implantation des marques chinoises
Les marques chinoises sont celles qui progressent le plus rapidement en parts de marché, même si elles partent de très bas. MG grimpe de 1,4 % à 2,1 % de parts de marché en 2025, tandis que BYD passe de 0,3 % à 0,8 %. Leur stratégie est claire : proposer des véhicules électriques ou hybrides rechargeables au prix d’un thermique bien équipé, avec une garantie longue durée et un positionnement technologique fort. MG concentre par exemple ses efforts sur des SUV familiaux et des compactes électriques faciles à financer, tandis que BYD met en avant sa maîtrise de la batterie et son statut d’industriel intégré.
Polestar, de son côté, adopte une approche plus premium et plus progressive, en s’appuyant sur l’image de Volvo et sur un design épuré. La marque cible des clients urbains et périurbains sensibles à l’esthétique scandinave et aux technologies embarquées. Là où MG et BYD jouent la carte du rapport prix/prestations, Polestar se positionne davantage sur le territoire de Tesla et des premiums allemands. On assiste ainsi à une segmentation fine de l’offensive chinoise : du « bon plan électrique » à l’expérience haut de gamme, chaque sous-marque cherche sa niche pour gagner rapidement des points de pénétration.
Pour les réseaux de distribution français, cette arrivée massive pose un double défi : intégrer de nouveaux acteurs avec des modèles économiques souvent différents (ventes en ligne, showrooms urbains, partenariats de distribution) et rassurer une clientèle encore méfiante vis-à-vis des marques peu connues. Vous vous demandez peut-être : « Une marque chinoise tiendra-t-elle dans le temps ? » C’est là que la solidité du réseau après-vente, la disponibilité des pièces et la transparence sur les garanties deviennent des critères aussi importants que la fiche technique.
Hyundai-kia et leur offensive électrique Ioniq-EV6
Le groupe Hyundai-Kia fait partie des grands gagnants de cette recomposition du marché. Hyundai passe de 2,6 % à 2,8 % de parts de marché, tandis que Kia reste solide malgré une légère baisse de 2,6 % à 2,1 %. Leur stratégie repose sur une gamme électrique et hybride très lisible : Hyundai Ioniq 5 et Ioniq 6, Kia EV6, Niro, Sportage hybrides… autant de modèles qui ont construit une image de fiabilité et de modernité. Contrairement à certains constructeurs historiques, le groupe coréen a su clarifier son discours : design fort, technologies avancées, garanties longues et tarifs encore compétitifs par rapport aux premiums européens.
Cette offensive se traduit par une progression nette sur les segments électriques familiaux, là où Tesla et les constructeurs chinois se focalisent beaucoup sur les berlines et SUV compacts. Les Ioniq et EV6 se positionnent comme des alternatives crédibles aux Model Y ou ID.4, avec des autonomies réalistes et une bonne efficience. Pour vous, c’est un peu comme comparer deux smartphones haut de gamme : le choix ne se fait plus seulement sur la puissance brute, mais sur l’ergonomie, l’écosystème de services et la qualité perçue au quotidien.
En parallèle, Hyundai-Kia continue de proposer des motorisations thermiques et hybrides très performantes, ce qui lui permet de gagner des parts de marché dans les régions où l’infrastructure de recharge est encore insuffisante. Cette approche mixte, à la fois électrique ambitieuse et thermique rationnelle, explique en grande partie pourquoi le groupe progresse à la fois en France et en Europe.
Impact des infrastructures de recharge sur les progressions commerciales
La progression des parts de marché des marques électriques ne dépend pas seulement de l’offre de véhicules, mais aussi de l’état réel des infrastructures de recharge. Les chiffres nationaux montrent une hausse constante du nombre de bornes publiques, mais la répartition reste très inégale : les grandes métropoles et les axes autoroutiers sont relativement bien couverts, tandis que de nombreuses zones rurales ou périurbaines restent sous-équipées. Pour un automobiliste qui n’a pas de solution de recharge à domicile, le choix d’un véhicule électrique reste donc plus complexe.
Les marques qui progressent le plus en parts de marché ont souvent compris ce verrou et nouent des partenariats pour faciliter l’accès à la recharge. Tesla a ouvert progressivement son réseau de Superchargeurs, Renault et Stellantis multiplient les offres packagées incluant l’installation d’une borne à domicile, tandis que les acteurs chinois négocient des accords avec des opérateurs de bornes rapides. On assiste à une sorte de « bundle » mobilité + énergie, où la voiture ne se vend plus seule mais avec un environnement de services, un peu comme un smartphone vendu avec son cloud et ses applications.
Dans les régions où la densité de bornes est plus faible, les hybrides (HEV et MHEV) restent les grandes gagnantes. C’est l’une des raisons pour lesquelles les mild-hybrides représentent plus de 23 % du marché : ils offrent une forme d’électrification sans contrainte d’infrastructure. Pour vous, cela signifie qu’avant d’opter pour une marque en forte progression sur l’électrique, il est utile de regarder à la loupe la carte des bornes autour de chez vous et sur vos trajets réguliers. Une marque qui progresse parce qu’elle anticipe cette contrainte, en vous accompagnant sur la recharge, part avec un avantage décisif.
Stellantis versus renault group : redistribution des cartes sur le segment populaire
Performances peugeot 208, 2008 et repositionnement premium
Sur le segment populaire, le duel entre Stellantis et Renault Group reste au cœur des évolutions de parts de marché. Peugeot maintient une part de marché stable à 13,5 % en 2025, malgré un contexte global de contraction. La 208 et le 2008 demeurent parmi les modèles les plus vendus dans l’EU30, ce qui témoigne de la force de la marque sur les citadines et les B-SUV. Leur succès repose sur un design valorisant et une montée en gamme progressive, qui positionne Peugeot à la frontière du généraliste et du premium.
Ce repositionnement premium a toutefois un effet ambivalent sur les parts de marché. D’un côté, il améliore la valeur moyenne des ventes et la rentabilité par véhicule. De l’autre, il expose la marque à une concurrence plus forte des premiums compacts (Audi A1, Mini, BMW Série 1) et d’offres électriques mieux subventionnées. Dans un marché français où chaque dixième de point compte, ce choix stratégique peut limiter la conquête de nouveaux clients au profit d’une meilleure valorisation de la base existante.
Au quotidien, cela signifie que, pour vous, une Peugeot 208 bien équipée se retrouve souvent en face d’une alternative low-cost compétitive ou d’une offre électrique de nouvelle génération. C’est un peu comme choisir entre un hôtel 4 étoiles bien connu et un nouveau 3 étoiles très bien noté mais moins cher : la valeur perçue devient aussi importante que la marque elle-même. Peugeot doit donc continuer à justifier ce surcoût par une finition, un confort et une expérience de conduite au-dessus de la moyenne.
Stratégie dacia spring et logan face à la concurrence low-cost
Dacia est l’un des acteurs qui progressent le plus en parts de marché sur la durée, passant de 5,6 % en 2017 à 8,5 % en 2025. La marque illustre parfaitement la force du « juste nécessaire » : des modèles simples, robustes, largement amortis industriellement, proposés à des tarifs contenus. La Spring, citadine électrique très accessible, et les Logan/Sandero sur le thermique, structurent une offre qui parle directement aux ménages à budget serré, mais aussi aux flottes à la recherche de TCO maîtrisés.
Face à la montée de MG, BYD ou encore de certaines citadines chinoises, Dacia joue sur un avantage clé : la confiance acquise au fil des années et la proximité du réseau Renault-Dacia. On pourrait comparer cela à une marque de distributeur bien installée face à un nouveau venu : même à prix proche, l’habitude et l’image de fiabilité perçue font souvent la différence. La progression de Dacia ne repose pas sur des technologies révolutionnaires, mais sur une adéquation précise entre prix, prestations et attentes.
Pour vous, l’enjeu est simple : si vous cherchez une voiture neuve au coût d’usage minimal, Dacia reste une référence, mais la concurrence low-cost se renforce. Les marques chinoises proposent parfois plus d’équipements et d’électrification pour un prix proche, mais avec encore des interrogations sur la revente à long terme. Le gain rapide de parts de marché de ces nouveaux entrants montre que certains acheteurs sont prêts à prendre ce pari, notamment sur le marché urbain.
Citroën C3 et C5 aircross : maintien des positions sur les segments clés
Citroën, longtemps en perte de vitesse, remonte légèrement de 6,5 % à 7,1 % de parts de marché en 2025. La nouvelle C3 et le C5 Aircross jouent un rôle central dans cette stabilisation. La marque mise sur le confort, l’originalité stylistique et une politique tarifaire plus agressive que celle de Peugeot, tout en profitant de l’effet de gamme de Stellantis sur les plateformes et motorisations. La C3 reste une citadine incontournable dans les zones périurbaines, tandis que le C5 Aircross tente de conserver sa place sur le marché très disputé des SUV compacts.
Cette stratégie de maintien repose sur une équation délicate : rester suffisamment différent au sein du groupe Stellantis tout en partageant un maximum de composants pour réduire les coûts. Pour le client, cela se traduit par une alternative plus « douce » à Peugeot, avec des suspensions axées sur le confort et des intérieurs souvent plus chaleureux. Citroën ne cherche plus forcément à être la première marque en volume, mais à préserver un socle de clientèle fidèle tout en attirant ceux qui trouvent certains concurrents trop « sérieux » ou trop chers.
En termes de parts de marché, Citroën ne figure pas parmi les champions de la croissance, mais parmi ceux qui ont réussi à enrayer leur déclin. Dans un marché qui se contracte, maintenir ses positions sur les segments clés vaut déjà victoire. Pour vous, cela signifie que Citroën reste une option intéressante si votre priorité numéro un est le confort et le rapport prix/équipement, plus que la performance pure ou l’image statutaire.
Fiat 500 électrique et renaissance de la marque italienne
Fiat illustre un cas plus complexe : la marque recule en part de marché de 1,9 % à 1,2 % en 2025 sur le marché français, malgré le succès d’estime de la 500 électrique. Stellantis a clairement repositionné Fiat sur les segments urbains et d’entrée de gamme, avec une forte dimension affective autour de la 500 et bientôt de la Grande Panda. Cependant, l’absence de renouvellement massif de la gamme et la concurrence féroce sur les petites citadines électriques freinent la reconquête.
La 500e reste l’une des citadines électriques les plus connues, mais elle se heurte à une multiplication des offres : Renault Twingo et future R5, e-208, MG4, voire certaines propositions chinoises très agressives sur le prix. Le charme italien ne suffit plus à lui seul à gagner des parts de marché, surtout lorsque les aides publiques à l’électrique se resserrent et que le pouvoir d’achat se tend. C’est un peu comme un modèle iconique de mode : très désirable, mais confronté à la fast-fashion et aux marques plus fonctionnelles.
La « renaissance » de Fiat en France passera donc par une gamme plus étoffée et une meilleure articulation avec le reste du portefeuille Stellantis. Pour vous, automobiliste urbain, la 500 électrique reste une proposition cohérente si vous privilégiez le style et les dimensions compactes, mais il devient crucial de comparer attentivement les autonomies réelles, les coûts de financement et les services associés avant de signer.
Constructeurs premium et leurs tactiques de croissance différenciées
Du côté des constructeurs premium, les tactiques de croissance reposent moins sur la conquête massive de parts de marché que sur l’augmentation de la valeur moyenne par véhicule et la fidélisation. BMW progresse en part de marché (de 3,9 % à 3,7 % en 2025, avec un léger tassement mais des volumes solides), tandis que Mercedes recule de 3,0 % à 2,8 % et Audi remonte de 2,8 % à 3,0 %. Ces écarts relativement faibles masquent cependant des stratégies très différentes : BMW met l’accent sur des volumes plus soutenus, Audi sur une montée en puissance de l’électrique et des SUV compacts, Mercedes sur le luxe technologique et l’image de marque.
Les premiums jouent pleinement la carte des motorisations électrifiées, avec des gammes de plus en plus riches en hybrides rechargeables et en 100 % électriques. Toutefois, le marché français se montre plus sélectif sur ces modèles, notamment à cause des coûts d’achat élevés et de la fiscalité qui évolue. Les parts de marché des premiums restent globalement stables, ce qui signifie que leur croissance se fait surtout en valeur, pas en volume. Pour vous, cela se traduit par des offres de financement sophistiquées (LOA, LLD) et des packages de services (entretien, garanties étendues, services connectés) qui visent à verrouiller la relation client sur la durée.
Autre tendance forte : la diversification des typologies de clients. Là où les premiums étaient autrefois réservés à une élite socio-économique, ils gagnent désormais des parts de marché chez les indépendants, les micro-entrepreneurs et certains particuliers qui privilégient un financement mensuel plutôt qu’un achat comptant. On pourrait dire que la « premiumisation » du marché ne signifie pas que tout le monde roule en BMW ou en Audi, mais que de plus en plus de conducteurs accèdent à ces marques via des formules d’abonnement ou de location longue durée.
Segmentation géographique : disparités régionales et stratégies locales des concessionnaires
Les parts de marché des marques automobiles varient fortement selon les régions françaises. Les marques nationales comme Renault, Peugeot et Citroën dominent largement dans les zones rurales et les petites villes, là où la densité de concessions et de garages agréés est la plus élevée. À l’inverse, les constructeurs asiatiques et les nouveaux entrants électriques concentrent une part disproportionnée de leurs ventes dans les grandes métropoles (Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Toulouse), où les infrastructures de recharge sont plus denses et où le pouvoir d’achat moyen est plus élevé.
Les concessionnaires adaptent leurs stocks et leurs actions commerciales à ces réalités locales. Dans des départements très ruraux, vous trouverez davantage de Dacia, de petits SUV thermiques et d’utilitaires, alors que dans les centres urbains, les vitrines mettent en avant les modèles électriques et hybrides rechargeables. C’est un peu comme la distribution alimentaire : une enseigne ne propose pas exactement la même gamme dans un hypermarché de province et dans une supérette de centre-ville. Cette adaptation fine explique pourquoi certaines marques progressent localement sans que cela se traduise immédiatement dans les chiffres nationaux.
Les stratégies de conquête passent aussi par des opérations très ciblées : journées de l’électrique, essais longue durée, offres de reprise bonifiées sur certains modèles stratégiques. Certaines marques chinoises testent même des formats de showroom temporaires dans les centres commerciaux ou en centre-ville pour se faire connaître rapidement. Pour vous, cela signifie que votre expérience d’achat peut être très différente d’une région à l’autre, et que la marque qui progresse le plus en parts de marché au niveau national n’est pas forcément celle qui est la plus visible dans votre zone de chalandise.
Perspectives 2025 : projections analytiques et facteurs déterminants pour les parts de marché
À l’horizon 2025 et 2026, plusieurs facteurs vont continuer à influencer fortement la progression des parts de marché des marques automobiles en France. D’abord, la politique publique : bonus écologique, malus, zones à faibles émissions, fiscalité sur les flottes… Chaque ajustement peut favoriser ou pénaliser certaines technologies, et donc certains constructeurs. Ensuite, la capacité industrielle à livrer les véhicules en temps et en heure : après les pénuries de composants, les marques qui sauront garantir des délais raisonnables auront un avantage décisif.
Sur le plan concurrentiel, la pression chinoise va continuer de s’intensifier, mais elle ne redistribuera pas tout du jour au lendemain. Les marques nationales conservent un socle solide en France, notamment grâce au marché de l’occasion et à la force de leurs réseaux. Les grands gagnants en parts de marché seront probablement ceux qui réussiront à conjuguer trois éléments : une gamme électrifiée claire et de plus en plus abordable, une offre thermique encore pertinente pour les zones mal équipées en bornes, et une expérience client fluide, du configurateur en ligne à l’entretien en atelier.
Enfin, la perception des consommateurs jouera un rôle clé. La voiture reste un achat à forte charge émotionnelle : image de marque, design, réputation de fiabilité, coût total de possession… autant de paramètres qui ne se résument pas à un pourcentage de parts de marché. En tant qu’acheteur, vous avez tout intérêt à regarder au-delà des classements : une marque qui progresse vite peut offrir un excellent rapport qualité/prix, mais aussi comporter plus d’incertitudes, notamment sur la valeur de revente et le maillage après-vente. À l’inverse, un constructeur qui recule légèrement peut rester un choix extrêmement rationnel si son réseau est dense et ses modèles bien maîtrisés.
En résumé, 2024–2025 marquent une phase de reconfiguration plus que de révolution totale. Les marques traditionnelles se défendent, les nouveaux entrants gagnent leur place, et l’électrification agit comme un accélérateur de changement. La question n’est plus de savoir si les parts de marché vont bouger, mais jusqu’où et à quelle vitesse… et surtout : serez-vous prêt à suivre ce mouvement, ou préférerez-vous rester sur des valeurs sûres encore quelques années ?