Bonjour Monsieur Hervé Borgoltz, pourriez-vous nous présenter DBT/CEV et nous dire quelles sont vos fonctions au sein de cette société ?

H-BORGOLTZ1

DBT CEV est leader Français et Européen, depuis 1992, dans le domaine de la conception et de la fabrication de systèmes de recharges pour véhicules électriques et j’en suis le président. Notre siège social se situe dans le Nord de la France, à Brebières,  près de Douai. Nous employons 45 personnes. Nous venons de nous installer aux USA, au travers de  la filiale DBT CEV USA, à Chicago. Nous réalisons un chiffre d’affaires de 15M€ en 2012 et nous exportons à 80% de notre Chiffre d’Affaires vers le Benelux, la Scandinavie, l’Irlande et le Royaume Uni principalement.

Dans un récent rapport, le Cabinet d’étude Pike Research a réalisé un classement international des fournisseurs d’infrastructures de charge. Cette étude place DBT CEV second acteur mondial de la recharge, juste derrière notre partenaire, ChargePoint (anciennement Coulomb Tech).
Ce classement vient renforcer notre image de leader et conforte nos 20 ans d’efforts et d’investissement sur le marché. 

Travaillez-vous avec des constructeurs Français de véhicules électriques  ?

La stratégie de DBT CEV est de recharger 100% des véhicules électriques (et hybrides rechargeables). Nous travaillons donc avec les plus grands comme Renault, PSA etc, mais aussi les moins connus du grand public, comme MIA, Induct qui sont des champions sur leur marché, en France et à l’étranger.
Le paradoxe est que le véhicule électrique est un marché mondial, et notre développement doit donc se faire sans préférence de drapeaux, de constructeurs ni de technologie. Même si nous avons été très actifs en temps que fer de lance du développement européen du standard de recharge rapide CHAdeMO, avec prêt de la moitié des installations.

Quel lien peut-il y avoir entre vos systèmes de recharge et une voiture connectée ? Y-a-t-il par exemple une application informant le conducteur sur l’état de charge de batterie ?

La plupart des solutions que nous installons sur l’espace public sont connectées en direct sur internet.
Ces bornes sont capables de communiquer avec plusieurs serveurs et de partager en temps réel leur statut (disponible, occupée, hors service), la consommation ou aussi d’en restreindre l’accès en fonction des choix de l’opérateur.

Certains constructeurs, comme Nissan proposent déjà des applications mobiles permettant, entre autre, de vérifier l’état de la batterie du VE à distance.
Les possibilités sont infinies, il y a l’exemple des VE où le mobile a remplacé la clef de contact, et qu’on démarre par une application.
Je pense que la portée de ces applications va s’étendre à plus de fonctionnalités pour l’utilisateur qui permettront un meilleur contrôle de l’état du véhicule ainsi qu’un meilleur confort d’utilisation.

Quelle est la marge de progression de la vente de véhicules électriques en France, en Europe et dans le monde ?

En France dans un contexte de ralentissement du secteur automobile, l’immatriculation des VE a doublé entre 2011 et 2012. C’est bien un signe que les utilisateurs sont prêts!
Le gouvernement confirme et étend les actions lancées par la majorité précédente, les régions lancent des appels d’offres pour l’équipement en infrastructure de recharge, les constructeurs automobiles entrent en phase d’industrialisation massive des VE, les entreprises se regroupent pour bénéficier des tarifs avantageux d’achat public et les particuliers sautent sur les offres lorsque les VE deviennent plus abordables. Tout est réuni pour que les chiffres de ventes de VE suivent la courbe des hybrides. Toyota, par exemple, a lancé la Prius en 1997 et a atteint le million de véhicules hybrides vendus en 2008 seulement.  Depuis, les 2 millions cumulés ont été atteint en 2010, presque 4,6 millions fin 2012. La marque prévoit 1,5 million d’hybrides sur 2013 seulement.
Nissan, a annoncé une capacité de production de 50 000 VE pour 2013 dans sa nouvelle usine de Sunderland.

Il y a un consensus mondial vers des modes de transports plus propres, plus efficaces et le véhicule électrique est une partie de la solution.
On voit fleurir les mesures favorisant l’accès et l’utilisation des VE dans chaque pays et je pense que même si les premiers chiffres de ventes vers 2020 étaient ambitieux, le VE représentera certainement une part non négligeable des transports dans un futur proche.

Pour vous, une voiture électrique doit-elle être plus connectée au web qu’une voiture à propulsion classique ?

Cette question est presque rhétorique, mais je suis d’accord avec ce postulat, et ce pour deux raisons principales.

Les questions des utilisateurs sur les contraintes techniques des VE, telle que l’autonomie inférieure à celle d’un véhicule à propulsion classique, peuvent facilement se résoudre grâce à une meilleure connectivité du véhicule. Une carte GPS indiquant les points de recharges aux alentours ou sur le trajet est en effet une bonne réponse à ces craintes initiales.
Lors de l’appropriation du VE par l’utilisateur, on observe rapidement une augmentation de la confiance et du confort de conduite, dès que le conducteur prend conscience des possibilités de la voiture.

Les VE sont aussi des véhicules modernes qui se doivent de bénéficier des dernières avancées techniques comme la connexion au web afin de bénéficier de plus de services à valeur ajoutée, comme la géolocalisation, la gestion intelligente de la conduite en fonction de l’environnement.

Pourriez-vous nous parler des différentes étapes qui ont abouti à votre partenariat avec Charge Point ?

Comme DBT CEV, ChargePoint est un pionner de la recharge, mais pèse maintenant plusieurs centaines de millions de Dollars et emploie prêt de 300 personnes.
C’est l’exemple parfait de la startup de la Silicon Valley, qui a su utiliser au mieux le terreau fertile local en terme de soutiens publics et privés ainsi que de l’environnement protecteur Californien pour le développement des PME.

ChargePoint est le spécialiste du software et de la connectivité. DBT CEV, spécialiste de la partie hard de la borne, se lançant sur le marché Américain, il y avait une idée de partenariat toute écrite pour cet accord.

Nous nous connaissions depuis plus de 4 ans, mais l’arrivée de DBT/CEV sur le marché US à vraiment été le déclencheur pour ce partenariat à visée mondiale.
Enfin nous étions fiers de l’annoncer sur le CES 2013, le plus gros salon de l’électronique mondial, où la voiture connectée occupait cette année un hall entier avec les principaux constructeurs.

Pour finir Monsieur Hervé Borgoltz, pourriez-vous nous dire votre mot de la fin pour nos lecteurs ?

Je souhaite remercier tous ceux qui nous font confiance depuis 20 ans. Si j’avais un conseil à donner, ce serait d’arrêter de  croire ceux qui annoncent que la mobilité de demain sera comme ci, que la voiture sera comme ça et que la recharge se fera de telle façon.
Si DBT CEV est reconnu aujourd’hui comme un des 2 leaders mondiaux de la recharge, c’est parce que nous n’avons jamais cru ceux qui « savaient ».

Nous vivons aujourd’hui le début de la 3ème révolution industrielle et Jeremy Rifkin*, essayiste américain, spécialiste de prospective (économique et scientifique), prévoit que les VE en seront un des cinq piliers, ce qui nous laisse avec un défi énorme: toutes les solutions de demain sont encore à inventer, et nous avons déjà commencé : 90% de nos produits actuels n’existaient pas il y a 10 mois.

Propos recueillis par Laurent Amar

*Jeremy Rifkin est également fondateur et président de la Fondation pour les tendances économiques (Foundation on Economic Trends ou FOET) basée à Washington.

ctée au web qu’une voiture à propulsion classique ?

Cette question est presque rhétorique, mais je suis d’accord avec ce postulat, et ce pour deux raisons principales.

Les questions des utilisateurs sur les contraintes techniques des VE, telle que l’autonomie inférieure à celle d’un véhicule à propulsion classique, peuvent facilement se résoudre grâce à une meilleure connectivité du véhicule. Une carte GPS indiquant les points de recharges aux alentours ou sur le trajet est en effet une bonne réponse à ces craintes initiales.
Lors de l’appropriation du VE par l’utilisateur, on observe rapidement une augmentation de la confiance et du confort de conduite, dès que le conducteur prend conscience des possibilités de la voiture.

Les VE sont aussi des véhicules modernes qui se doivent de bénéficier des dernières avancées techniques comme la connexion au web afin de bénéficier de plus de services à valeur ajoutée, comme la géolocalisation, la gestion intelligente de la conduite en fonction de l’environnement.

Pourriez-vous nous parler des différentes étapes qui ont abouti à votre partenariat avec Charge Point ?

Comme DBT CEV, ChargePoint est un pionner de la recharge, mais pèse maintenant plusieurs centaines de millions de Dollars et emploie prêt de 300 personnes.
C’est l’exemple parfait de la startup de la Silicon Valley, qui a su utiliser au mieux le terreau fertile local en terme de soutiens publics et privés ainsi que de l’environnement protecteur Californien pour le développement des PME.

ChargePoint est le spécialiste du software et de la connectivité. DBT CEV, spécialiste de la partie hard de la borne, se lançant sur le marché Américain, il y avait une idée de partenariat toute écrite pour cet accord.

Nous nous connaissions depuis plus de 4 ans, mais l’arrivée de DBT/CEV sur le marché US à vraiment été le déclencheur pour ce partenariat à visée mondiale.
Enfin nous étions fiers de l’annoncer sur le CES 2013, le plus gros salon de l’électronique mondial, où la voiture connectée occupait cette année un hall entier avec les principaux constructeurs.

Pour finir Monsieur Hervé Borgoltz, pourriez-vous nous dire votre mot de la fin pour nos lecteurs ?

Je souhaite remercier tous ceux qui nous font confiance depuis 20 ans. Si j’avais un conseil à donner, ce serait d’arrêter de  croire ceux qui annoncent que la mobilité de demain sera comme ci, que la voiture sera comme ça et que la recharge se fera de telle façon.
Si DBT CEV est reconnu aujourd’hui comme un des 2 leaders mondiaux de la recharge, c’est parce que nous n’avons jamais cru ceux qui « savaient ».

Nous vivons aujourd’hui le début de la 3ème révolution industrielle et Jeremy Rifkin*, essayiste américain, spécialiste de prospective (économique et scientifique), prévoit que les VE en seront un des cinq piliers, ce qui nous laisse avec un défi énorme: toutes les solutions de demain sont encore à inventer, et nous avons déjà commencé : 90% de nos produits actuels n’existaient pas il y a 10 mois.

Propos recueillis par Laurent Amar

*Jeremy Rifkin est également fondateur et président de la Fondation pour les tendances économiques (Foundation on Economic Trends ou FOET) basée à Washington.